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Les banlieues : l’urgence de répondre à la demande d’égalité

Au lendemain des émeutes aux Minguettes à Vénissieux en 1981, plusieurs dispositifs ont été lancés avec notamment les premières Missions locales en 1982 et la signature de 148 conventions de Développement social des quartiers, inscrites au contrat État-Région en 1984.

L’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a été créée en 2003, comme un aboutissement de tous ces premiers dispositifs, avec pour but de mettre en œuvre des projets de renouvellement urbain afin de transformer les conditions de vie de 5 millions d’habitants. L’ANRU intervient notamment sur les logements, les espaces publics, les équipements scolaires, les crèches, les commerces et l’activité économique. L’ANRU mène également des actions en faveur de l’insertion par l’emploi.

Des efforts conséquents

Depuis la création de l’ANRU, à travers le programme national de rénovation urbaine, plus de 45 milliards d’euros ont été programmés sur une quinzaine d’années afin de restructurer 594 quartiers dont 15 dans le 92 (tableau ci-dessous) ; 397 conventions pluriannuelles signées, plus de 600 000 logements concernés par les opérations de démolition-reconstruction et réhabilitation-résidentialisation.

Hauts-de-Seine

Statut

Montant projet

ANRU

Antony – Noyer Doré

Signé

131 M€

22 M€

Rueil-Malmaison : Clos des Terres Rouges

Signé

79 M€

10 M€

Boulogne : Pont de Sèvres

Signé

86 M€

13 M€

Asnières : Quartiers Nord

Signé

174 M€

31 M€

Clichy la Garenne : Victor Hugo

Signé

186 M€

27 M€

Colombes : Europe Île Marante, Petit Colombe, Bouviers, Fossé Jean

Signé

279 M€

58 M€

Gennevilliers : Le Luth – Les Grésillons

Signé

231 M€

62 M€

Bagneux : Les Blagis

Signé

179 M€

36 M€

Nanterre : Petit Nanterre

Signé

123 M€

25 M€

Villeneuve-La-Garenne : Seine Sablière

Signé

238 M€

54 M€

Nanterre : Université

Signé

145 M€

23 M€

Des efforts financiers et urbains conséquents ont été fournis afin de réhabiliter ces quartiers qui pour la plupart étaient dans un état très vétuste. Ces réhabilitations des quartiers ont participé au désenclavement avec la réinstallation de service public de proximité.

Depuis 2012, le Gouvernement est également largement intervenu à travers la politique de la ville, qui aujourd’hui représente 411 millions d’euros dans le budget 2017 de l’État. Les principaux objectifs sont : l’emploi des jeunes dans les quartiers grâce à la territorialisation des politiques de droit commun, la poursuite de la transformation urbaine et sociale et l’accompagnement de la participation citoyenne des habitants. Les crédits d’intervention en direction des habitants des quartiers prioritaires sont maintenus, avec près de 200 millions d’euros délégués de soutien aux associations de proximité. Le ministère de l’Éducation Nationale a également mis en œuvre une politique d’éducation prioritaire et développe de nombreuses dispositions afin de réduire les inégalités dans la réussite éducative.

Mais une situation explosive

Néanmoins, force est de constater que des difficultés persistent. Les émeutes de 2005 ont clairement fait émerger les questions sociales inhérentes aux banlieues. En effet, les grandes rénovations urbaines ne sauraient régler tous les problèmes. Le sentiment d’exclusion et de manque de considération restent largement partagé par les habitants des quartiers dits sensibles. Malgré les efforts, au sein des associations, des collectivités territoriales ou des services locaux de l’État, nous pouvons constater l’impuissance de cette politique publique à réduire les inégalités dont souffrent les quartiers populaires.

L’emploi reste un manque majeur dans ces quartiers où le taux de chômage peut atteindre des niveaux très haut (24,2% dans les zones urbaines sensibles contre 9,9% en France), surtout chez les jeunes (45% dans les zones urbaines sensibles contre 23,1% en France).

Répondre à la demande d’égalité

Plus que jamais, il est nécessaire d’investir pleinement dans les banlieues sensibles en poursuivant les politiques menées mais aussi en allant au-delà afin d’intégrer les résidents des cités à la société dont ils se sentent mis à l’écart. Les habitants des quartiers populaires ne demandent rien d’autre que l’égalité, ce qui passe par l’articulation de deux dimensions : la dignité et l’égalité des conditions de vie.

Le comportement parfois discriminatoire de certains policiers à l’égard des jeunes des cités, est un symptôme de l’exclusion et du sentiment d’abandon des habitants. Il est donc indispensable et urgent de mettre en place une police de proximité demandée par les habitants des quartiers populaires. Il faut des agents formés afin de prévenir la délinquance, faciliter le « vivre-ensemble », favoriser la relation entre les habitants et la police et qui patrouillent à vélo ou à pied plus qu’une police d’intervention composée de jeunes recrues non formées à la gestion des conflits et aux relations humaines.

Enfin, de nombreux sociologues soulignent l’importance de l’implication des habitants dans la vie de leur quartier et dans les choix des politiques publiques menées en favorisant la mixité sociale. L’apport multiculturelle de ces quartiers est une richesse dont il faut profiter.

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