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BREXIT : un risque mais peut-être aussi une chance

Brexit-social-media-statistics-dashboardLe Royaume-Uni a rejoint la Communauté Européenne et Economique en 1973. C’est un acteur de taille au sein de l’Union Européenne (UE) puisqu’il représente 13 % de sa population et 15 % de sa richesse. Le Premier ministre David Cameron, toutefois, à annoncé la tenue d’un referendum sur le maintien ou non de son pays (BREXIT) dans l’UE le 23 juin prochain. Ce referendum est le deuxième du genre puisqu’un un premier referendum avait déjà été organisé en 1975 (67,2 % pour le oui). Cette interrogation sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’UE démontre le caractère ambivalent du Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE.

Cette ambivalence à l’égard de l’union européenne se traduit aujourd’hui dans plusieurs sondages (Guardian/ICM) selon lesquels les Britanniques se prononceraient malheureusement en faveur du BREXIT.

Pour rappel, le 19 février dernier, un accord à été obtenu entre David Cameron et l’UE concernant les exigences de Londres pour maintenir le Royaume-Uni dans l’Union. Cet accord, qui lui confère un statut particulier, prévoit de limiter pendant 7 ans certaines aides sociales pour les nouveaux migrants issus de l’UE, d’établir un « carton rouge » permettant à un groupe de Parlements nationaux d’opposer un veto à une législation européenne et de mettre en place des protections pour la City contre des discriminations de la zone euro. Londres, enfin, a obtenu d’être dispensé de l’obligation de former avec les autres pays membres une « union toujours plus étroite », élément pourtant essentiel des textes fondateurs.

Ce dernier point symbolise la vision de le Royaume-Uni quant à la construction européenne. Ce n’est pas la première fois que ce dernier opte pour une vision réduite de l’UE. Dès 1979, il a refusé de participer au projet d’une monnaie unique. Il bénéficie également, encore en partie aujourd’hui, du rabais négocié par Mme Thatcher en 1984 quand à la contribution au budget européen.

Cette liste n’est pas exhaustive mais elle donne le sentiment d’un engagement limité du Royaume-Uni dans la construction européenne. Il semble plus concernée par ses intérêts en tant qu’Etat que en tant que membre d’un ensemble ayant un projet commun. Et même lorsqu’elle s’engage fermement comme cela avait été le cas avec l’Acte Unique, on constate, en réalité, que cet engagement était motivé moins par la volonté de créer un destin européen que par celle de promouvoir des valeurs mises en avant depuis longtemps par les différents gouvernements britanniques comme le libre-échange, la liberté de circulation et la dérégulation des services en Europe.

Ces éléments montrent donc un pays peu enclin à développer le modèle proposé par l’Union Européenne mais qui entend toutefois bénéficier de certains avantages de cette dernière. Cette position n’est évidemment pas tenable. On ne peut vouloir les avantages sans les contraintes, les droits sans les devoirs. Je veux bien comprendre que Royaume-Uni ne veuille pas être un moteur de la construction européenne et être pleinement solidaire de ses partenaires européens, mais dans ce cas elle ne doit pas , en plus, en devenir un frein.

Le maintient de la Grande-Bretagne au sein de l’Union Européenne est évidemment souhaitable tant ce pays en est un membre essentiel de par son Histoire et ses valeurs… Bien sur, le BREXIT ouvrirait un précédent dangereux et renverrait l’image d’une Union Européenne disloquée au reste du mode. Mais au vu du comportement de la Grande-Bretagne et de ses exigences, je finis par me demander si le BREXIT, si le peuple britannique le décidait, ne pourrait pas constituer une opportunité pour la relance de la construction européenne car il permettrait de se reconcentrer sur la construction d’une Union Européenne « toujours plus étroite » et plus solidaire et comme le rappelait récemment l’ancien Premier ministre M. Rocard de « remettre à l’ordre du jour la rénovation de la communauté ».

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