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Pour la mémoire de Hrant DINK

1 La Cour européenne des droits de l’Homme, vient de rendre, le 14 septembre 2010, son arrêt sur une requête que le journaliste turco arménien Hrant DINK avait introduit à la veille de sa mort, et qui fut reprise à leur compte par ses proches après son assassinat, intervenu le 9 janvier 2007.

La Turquie y est condamnée pour son attitude à l’égard du journaliste turc d’origine arménienne. La Cour constate que l’Etat turc a ouvertement violé le droit à la vie et à la liberté d’expression, car ses autorités n’ont pris aucune mesure pour empêcher l’assassinant du journaliste. Aucune protection ne lui avait été accordée alors même qu’elles n’ignoraient pas les menaces réelles que faisaient peser sur sa vie les mouvements ultranationalistes  turcs.

1 La Turquie est également condamnée pour avoir gravement violé la liberté d’expression du Directeur et Rédacteur en chef de l’hebdomadaire turco arménien Agos à la suite des articles qu’il avait publié en s’interrogeant sur l’identité des citoyens turcs d’origine arménienne et pour ses déclarations sur la reconnaissance du génocide arménien. Il avait été alors condamné par un tribunal en application de ce honteux article 301 du code pénal, pour « dénigrement de la turcité », à 6 mois d’emprisonnement avec sursis.

3 C’est donc avec une grande émotion et une grande confiance dans la justice de la Cour européenne des droits de l’Homme que je salue cette décision qui, près de trois ans après l’assassinat de cet humaniste, rend hommage non seulement à son combat personnel, mais aussi aux valeurs universelles défendues avec ardeur par cet ambassadeur turc de la communauté arménienne, pour la promotion de ses droits intemporels, universels et inaliénables.

Il faut aujourd’hui souligner et saluer avec force le rôle des intellectuels turcs et arméniens actuellement engagés en faveur du combat pour la préservation et la promotion des droits de l’Homme. Ils paient parfois ce courage de leur vie. Le combat de Hrant DINK n’aura pas été vain puisque le gouvernement turc semble décider à faire évoluer le droit pour tirer les conséquences de cet arrêt. Pour ce faire, il lui faudra abroger le délit de « dénigrement de la turcité » et veiller à ce que les institutions turques ne soient plus gangrenées par les ultranationalistes.

 

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