Un choix historique pour la gestion de l'eau en Ile de France
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Vote du 11 décembre 2008 sur le futur mode de gestion du SEDIF : L’intérêt des usagers ne l’a pas emporté

Eau  142 votants : 88 se sont exprimés pour la reconduction de la régie intéressée, 54 contre.

Le vote a eu lieu, à la demande des délégués de droite, à bulletin secret. Ce choix est profondément discutable au regard des enjeux que cette décision engageait.

Le vote à bulletin secret est de coutume pour procéder à des désignations mais en aucun cas pour arrêter des choix d’une telle ampleur.

 

Il serait inenvisageable au sein d’une commune qu’un conseil municipal se prononce à bulletin secret sur le vote de ses taux d’imposition ou encore de son Plan Local d’Urbanisme dans la mesure où ces décisions engagent profondément le quotidien de leurs administrés.

 

Ce vote à bulletin secret a permis à certains délégués de céder plus facilement aux pressions qui ont pu être exercées sur eux en raison des importants enjeux financiers qui étaient suspendus à leur vote.

 

Le contrat actuel, il faut le rappeler, porte sur plus de 300 millions d’euros.

 

Les études menées par le SEDIF lui-même avaient pourtant conduit à dénoncer une surfacturation de la part de l’entreprise délégataire du marché de l’ordre de 40 millions d’euros.

 

Les élus de gauche ayant voté contre la proposition du Président André Santini de reconduire le système actuel déplore que l’intérêt des usagers ne l’ait pas emporté.

 

Tous les arguments plaidaient en faveur d’un retour en régie publique :

– Le recours au « Privé » coûte plus cher que la gestion directe. Quand l’entreprise délégataire est à la poursuite d’un profit, la régie publique est à la recherche du « juste » prix.

– Au moment où il est de plus en plus question d’un rapprochement de la gestion de l’eau à l’échelle de la région francilienne, la cohabitation de deux modes de gestion différents à Paris (Régie publique) et au SEDIF (Gestion privée) empêche une mutualisation.

 

La distribution de l’eau est un service public communal. Ce n’est pas une marchandise.

 

Il aurait donc été logique et cohérent que sa gestion soit publique et qu’elle ne fasse plus l’objet d’importants bénéfices par des groupes privés.

5 Comments

  1. Stéphane dit :

    mais pour qu’il y ait 88 voix pour le projet de Santini c’est qu’il y a surtout eu des défections dans nos rangs non ?

  2. Laurent dit :

    Les sociétés de l’eau ont des moyens de persuasions qui dépassent l’entendement et la raison du service public !
    Un vrai scandale pour l’usager car, au final, c’est lui qui paye pour ce favortisme et les services rendus par certains élus.
    Merci aux traîtres et à la droite…

  3. Isa dit :

    On nous a expliqué au SEDIF que le prix de l’eau allait diminué alors qu’il serait géré de la même façon par une société privée et que le service rendu serait amélioré. Ces promesses signifient nécessairement que jusqu’alors, le prix de l’éau était trop cher, que la société privée s’est gavée.
    J’ai 2 questions alors :
    1) pourquoi redonner au privé un contrat quand on vient juste de se faire avoir ?
    2) on va donc demander à Véolia de rendre les gros bénéfices qu’elle a fait sur le dos des usagers pendant ces dernières années ?
    On compte sur les élus fiers du service public comme vous pour contrôler et exiger des comptes de Véolia et de Santini.
    A la prochaine,
    Isa

  4. JallutClamart dit :

    Vous laissez entendre que ce vote remet en cause le caractère public du service de l’eau mais moi je trouve que le débat qui a eu lieu et le vote de ce matin illustrent bien que ces les élus qui gardent la main.

  5. Camille dit :

    J’ai appris qu’il était peut-être question de découper le marché du SEDIF en plusieurs lots, mais on en parle moins que l’échec de la régie publique. C’est quand même crucial, parce que ça introduirait plus de concurrence et donc peut-être un meilleur contrôle et une baisse des prix pratiqués par les compagnies.
    Monsieur Kaltenbach, pouvez-vous me répondre à ce sujet ?

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