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L’assassinat de Hrant Dink relance le débat sur la loi sanctionnant la négation du génocide arménien

Photo_hrant_dinkVendredi 19 janvier, Hrant Dink, journaliste turc d’origine arménienne, était abattu en plein jour. Son assassin, un jeune homme de 17 ans, a été arrêté et a avoué son crime. Il aurait agi sous l’influence des groupes ultra-nationalistes turcs qui nient le génocide des Arméniens.

Comme de nombreux autres intellectuels, Hrant Dink était la cible des critiques virulentes d’une partie du courant nationaliste, y compris au sein de la classe politique, pour ses prises de position sur le statut des minorités et sur la liberté d’expression, qui lui ont valu des poursuites judiciaires. Il jugeait notamment que la Turquie devait reconnaître son rôle dans le massacre d’Arméniens durant la Première Guerre mondiale.

Ce meurtre est un nouveau coup porté à la liberté de la presse dans un pays qui nie la réalité historique et refuse d’assumer son histoire.

Ironie des circonstances, ce meurtre d’un homme de plume épris de vérité intervient quelques jours après la tenue d’un meeting républicain contre le négationnisme, organisé par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) le 17 janvier dernier.

Invité par Alexis Gacçyan, j’ai pu entendre de nombreux intervenants prestigieux exposer clairement les raisons pour lesquelles il est impératif de voter la loi créant le délit de négationnisme du génocide des Arméniens. Parmi eux, Bernard-Henri Lévy a fait preuve d’une éloquence touchante et éclairante lorsqu’il a expliqué que la négation est dans le crime, qu’elle en fait partie intégrante et que c’est dans le même geste que l’on tuait et que l’on effaçait la trace de la tuerie.

Ce combat n’est pas un combat communautaire, c’est une obligation de tous.

C’est pourquoi je soutiens la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale en novembre dernier et milite pour que le Sénat l’adopte le plus rapidement possible.

Présent lors de cette soirée, François Hollande, au nom du Parti socialiste, s’est d’ailleurs engagé à ce que le groupe socialiste vote au Sénat la loi sanctionnant la négation du génocide arménien de 1915, ajoutant que si le texte n’était pas transmis au Sénat d’ici la fin de la législature, il prenait l’engagement que le gouvernement issu des élections le transmettra au Sénat à l’automne 2007.

Le meurtre d’Hrant Dink nous démontre une fois encore l’exigence impérieuse de cette loi, afin de lutter contre ce déni de l’Histoire et de rappeler le respect nécessaire des droits de l’Homme.

3 Comments

  1. BACH dit :

    Nous devons tous soutenir cette loi.
    J’ai vu à la télévision les images des funérailles de ce journaliste et j’ai pu constater que même en Turquie, les mentalités changent : vous avez raison, il est de notre responsabilité de peser aujourd’hui que l’occasion historique nous en est donnée pour faire avancer ce débat. un génocide est d’abord un crime contre l’humanité, donc contre tous les hommes, et sa négation est la continuation de ce crime. c’est inacceptable, même le peuple turc en prend conscience petit à petit.
    Il est vrai que le débat actuel sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne y est pour quelque chose.
    Nous devons donc faire en sorte que non seulement la Turquie reconnaisse cette vérité, mais qu’aucun régime politique ou prétendu historien ne nie plus jamais la réalité du génocide des Arméniens.
    Tous au Sénat,
    Manu

  2. Nath dit :

    C’est terrible à dire, mais il semble que cette mort inadmissible puisse faire avancer la réconciliation des peuples en Turquie : je lis que plus de 60000 personnes ont assisté aux obsèques de Hrant Dink et crié nous sommes tous des Arméniens. Même les officiels Turcs étaient présents.
    Il nous faut aussi participer à cette brèche ouverte et soutenir la loi sur le négationnisme.

  3. fredo dit :

    C’est surtout un journaliste qui a été assassiné et c’est la liberté de la presse en Turquie et dans le monde qui est attaquée.
    Cet attentat est inadmissible d’abord car un journaliste est mort pour ces articles et ses prises de positions.
    Il est claire qu’il ne fait pas bon être journaliste dans certains pays.
    Fredo

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