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La crise du logement vue par Claude Dilain

Photo_livre_claude_dilainJ’ai lu le livre de Claude Dilain, « Chronique d’une proche banlieue », où il parle de la banlieue parisienne et plus particulièrement de sa commune. Claude Dilain est maire PS de Clichy-sous-Bois, commune où la mort tragique de deux adolescents a déclenché les émeutes d’octobre 2005 en France.

Cet ouvrage, loin des clichés, évoque le courage et la dignité des habitants d’une des villes les plus pauvres de France. Il exprime la colère et le désespoir d’une population abandonnée par la République.

Bien sûr, la situation de Clichy-sous-Bois n’est pas comparable à celle de nos banlieues du sud des Hauts-de-Seine. Mais nous devons trouver collectivement des solutions pour éviter que les émeutes de 2005 ne se reproduisent, voire ne s’étendent car malheureusement, rien n’est réglé et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle explosion.

Une partie du livre de Claude Dilain est consacrée à la crise du logement. Expliquant que 60 % du logement collectif à Clichy-sous-Bois est composé de co-propriétés privées dégradées, il dénonce ce « parc privé social » qui n’est plus entretenu et propose de durcir la législation contre les marchands de sommeil.

Des copropriétés sont en effet en état de faillite, un certain nombre est en procédure d’adjudication judiciaire, avec des dettes considérables. Les logements souvent insalubres sont alors vendus pour presque rien à des marchands de sommeil peu scrupuleux ou sont loués à des familles exclues du parc social locatif et qui n’ont pas d’autre choix pour se loger. Cette situation accentue les inégalités dans des quartiers où des opérations de rénovation de logements sociaux peuvent se développer à côté d’îlots de co-propriétés dégradées.

Claude Dilain s’insurge enfin de la volonté de M. Sarkozy, reprise d’ailleurs par M. Pemezec, de vendre les logements sociaux aux locataires, et je partage complètement son opinion.
Comme il l’explique parfaitement, ces logements risquent de se dégrader, faute des financements publics qui contribuaient jusqu’alors à leur entretien et à leur réhabilitation. Il est très difficile de faire voter des travaux par des co-propriétaires, surtout si beaucoup d’entre eux connaissent des difficultés financières et sont déjà au maximum de leurs possibilités, s’étant endettés pour acheter leur logement. Evitons donc de recréer demain de nouveaux Clichy-sous-Bois.
De plus, le parc de logements sociaux est déjà largement insuffisant en Ile-de-France pour répondre aux besoins. Ce n’est donc pas en vendant les logements existants que la situation s’améliorera. Il est au contraire nécessaire de construire de nouveaux logements de qualité et à des loyers abordables pour les foyers les plus modestes. C’est d’ailleurs le sens du projet socialiste qui prévoit la construction de 120 000 logements sociaux par an.

Claude Dilain, « Chronique d’une proche banlieue », aux éditions Stock, 16,50 €

1 Comment

  1. Sylvain dit :

    Ce livre est magnifique de combativité. Il y a le problème du logement, mais il y a aussi les problèmes de transport, l’absence d’un commissariat, le rôle des médias et de leur vision négative de la banlieue, et surtout toutes ces promesses qui n’ont pas été tenues depuis les violences de l’an passé. Rien n’a changé à Clichy-sous-Bois ! Mais quelle combativité admirable.

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