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Je vous recommande le nouveau livre de Robert Badinter, « Contre la peine de mort »

Photo_livre_badinterJ’ai eu le plaisir et l’honneur de recevoir le nouveau livre de Robert Badinter, Sénateur des Hauts-de-Seine et ancien Ministre de la Justice de François Mitterrand, « Contre la peine de mort », une œuvre qu’il a eu la délicatesse de me dédicacer personnellement.

Je ne peux que vous conseiller de lire cet excellent ouvrage qui relate le combat qu’il a du mener contre une grande partie de l’opinion publique de l’époque, pour abolir, il y a 25 ans, la peine capitale en France.

Plus que tout autre, Robert Badinter incarne en France les valeurs humanistes. A 78 ans, l’indignation intacte, il se veut toujours « aux côtés des femmes lapidées en Afghanistan, des hommes fusillés dans les stades en Chine, des enterrés vifs pour adultère en Iran, des homosexuels pendus en Arabie saoudite, des mineurs pénaux et des débiles mentaux empoisonnés, gazés, électrocutés aux Etats-Unis« .

Ce combat ne connaît pas de frontières. Il est de toutes les époques et transcende les clivages politiques : Hugo, Clemenceau, Jaurès, Camus… Robert Badinter est leur digne héritier. Ce livre, publié vingt-cinq ans après l’abolition de la peine de mort en France, en témoigne.
Il rassemble des textes que l’actuel Sénateur PS des Hauts-de-Seine a donnés à la presse de 1970 à 2001 (Le Monde, L’Express, Le Nouvel Observateur…) et des discours qu’il a prononcés trois décennies durant contre la loi du talion. D’abord comme avocat de cour d’assises où il a découvert « la mort comme une hyène aux yeux rouges, qui fixait l’accusé et attendait son heure« . Puis comme garde des sceaux. Enfin comme porte-parole révéré d’une cause qu’il veut universelle.

Ce n’est que le 17 septembre 1981 que Robert Badinter, devenu Ministre de la Justice, put enfin prononcer les mots de la délivrance : « J’ai l’honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l’Assemblée Nationale l’abolition de la peine de mort en France. » A les relire un quart de siècle plus tard, ces mots n’ont rien perdu de leur noblesse.

Robert Badinter est très attentif aux ressacs du droit pénal américain – ses écrits récents le prouvent – car « dans le monde tel qu’il est, la marche vers l’abolition universelle » ne peut progresser que si l’abolition l’emporte là-bas. Elle l’emportera, il en est persuadé. “Le jour viendra où il n’y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent”.

Telle est la leçon d’optimisme de cet homme d’une grande sagesse qui a vu la peine de mort reculer partout dans le monde et qui s’en étonne à peine tant il est convaincu que le respect de la vie est « universel et indivisible ».

2 Comments

  1. Thibs dit :

    Soyons fiers d’avoir un député comme lui !

  2. Omar Lefranc dit :

    Il y a 25 ans, la peine de mort a été abolie.
    Robert Badinter se présente volontiers comme le grand héros de cette grande cause, ce grand progrès dans l’histoire de l’humanité, etc.
    Il me semble que l’abolition de la peine de mort est typique du symbole artificiel qui plaît tant aux intellectuels déconnecté du monde réel.
    Au mieux, l’abolition de la peine de mort n’a pas eu d’autre effet que de sauver la vie de quelques criminels.
    Mais notons que la théorie de la dissuasion nucléaire était à l’époque et reste encore aujourd’hui au centre de la stratégie militaire. Selon cette stratégie, la France enverra la bombe atomique sur tout pays qui attaquerait la France.
    Nous sommes donc prêts à tuer des millions de personnes innocents au seul motif de sauver le territoire national mais nous voulons épargner la vie des assassins.
    Notons également que, si la peine de mort a été abolie, il reste des peines de longue durée et les jurys d’assise disposent d’une totale liberté pour décider d’envoyer un suspect en prison pour 30 ans, par exemple sur la foi d’un aveu ou de quelques témoignages douteux.
    L’abolition de la peine de mort a été justifiée par le fait qu’elle n’aurait aucun effet dissuasif sur les criminels. Cela serait démontré par le fait que, dans les pays où on a aboli la peine de mort, il n’y a pas eu ensuite de hausse de la criminalité.
    Ce dernier argument est un bel exemple d’une conclusion excessive.
    Si la criminalité n’a pas augmenté suite à l’abolition de la peine de mort c’est en fait selon moi parce qu’il est difficile de mesure l’efficacité d’une politique répressive lorsque les crimes sont (heureusement) peu nombreux. Mais de là à dire que la peine de mort serait sans effet positif, cela me paraît excessif et en fait non démontrable de façon certaine.
    Si on supprimait les peines de longue durée, et même carrément si on supprimait la prison, on n’aurait sans doute pas d’augmentation significative de la criminalité.
    Faut-il pour autant supprimer la prison en la considérant comme une technique inefficace (sans compter qu’elle est particulièrement inhumaine) ?
    Personnellement je suis favorable au rétablissement de la peine de mort et au maintien des peines de prison car je crois qu’elles ont un effet dissuasif, même si je veux bien reconnaître que la politique répressive n’est pas d’une grande efficacité et qu’il faut surtout faire des efforts en matière de prévention.
    Je préfère parier sur une petite chance de sauver la vie d’un innocent, au risque de sacrifier la vie d’un criminel.
    La justice ne doit pas être régie par le symbolisme mais par le pragmatisme. Il s’agit de défendre les innocents contre les criminels et une hiérarchie doit s’établir entre le droit à la vie du criminel et le droit à la vie de l’innocent.
    L’abolition de la peine de mort a été votée en négligeant son rôle répressif et en oubliant les innocents victimes des meurtres et des tortures. L’abolition n’aurait été légitime que si les assassinats des innocents avaient cessé. Le vrai progrès dans l’histoire de l’humanité, ce sera quand les crimes cesseront.
    En pratique, il est impossible en France de rétablir la peine de mort, sauf à dénoncer l’application de la convention européenne des droits de l’homme qui l’interdit. Je ne suis pas favorable à une telle dénonciation car cette convention joue un rôle globalement très positif sur d’autres points. La France est ainsi régulièrement condamnée pour la durée excessive de ses procédures pénales et de l’emprisonnement dans l’attente des jugements.
    Par ailleurs, j’estime urgent de réformer le système de preuve pour éviter d’envoyer en prison des innocents. Il faut cesser de s’en remettre à l’intime conviction des jurés et exiger pour toute longue peine des preuves objectives incontestables, ce qui exclut l’aveu et les témoignages isolés.

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